Lettre d’Adèle Foucher à Victor Hugo du 29 mai 1822

Adèle Foucher, âgée de 18 ans, écrit à son fiancé Victor Hugo, âgé de 20 ans.

Leur mariage sera célébré le 12 octobre 1822 à Paris, dans la chapelle de la Vierge à l’église Saint-Sulpice.

MOI QUI SERAIS SI HEUREUSE DE NE JAMAIS TE QUITTER !

   Depuis le mois d’avril, Victor fait de fréquents séjours à Gentilly, où les Foucher ont une maison de campagne. Les amoureux ont le bonheur de s’y voir fréquemment malgré une surveillance étroite de Mme Foucher qui ne veut pas que les amoureux restent ensemble. Adèle trouve parfois le moyen d’échapper au regard maternel et de rejoindre son amoureux dans une tour où il travaille. Les séjours à Gentilly inspireront au jeune poète une ode, « A G….Y », où il évoque le mélange de tristesse et de joie éprouvées durant ces moments où les amoureux, comme à leur accoutumée, se disputent et se tourmentent mutuellement pour des riens puis se disent leur amour brûlant.

   Le 28 mai, Victor revient à Paris pour s’occuper de la publication imminente de son recueil Odes et poésies diverses. Les Foucher sont également revenus pour quelque temps dans la capitale : Adèle regrette les moments passés à la campagne où elle pouvait voir Victor tous les jours et elle s’inquiète parce qu’il est souffrant.

Vidéo avec cette lettre interprétée par une membre de la Société des Amis de Victor Hugo.

Lettre reçue le 29 mai 1822

« Je suis bien ennuyée d’être à Paris ; je t’y vois si peu, tandis qu’à la campagne je te vois presque toujours, je couche dans la même maison. Quand je te dis adieu, je sais que tu t’éloignes peu de moi ; encore faudra-t-il rester dans ce triste Paris la semaine prochaine. J’éprouve un sentiment si douloureux lorsque tu me quittes ! Qui sait ce qui peut m’arriver pendant ton absence ? Moi qui serais si heureuse de ne jamais te quitter ! Oh ! mon ami, promets-moi que si jamais je suis malade même avant d’être mariée aux yeux du monde, tu ne me quitteras pas du tout, que nul autre que toi ne m’approchera. »

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